Histoire de l’ASDA 01

La Marche des Beurs à Bourg en Bresse
Le passage en 1983 de la Marche des Beurs à Bourg en Bresse a été un des facteurs qui, après le Collectif pour l’Egalite des Droits et Contre le Racisme puis le Comité de vigilance, a conduit à la création de l’ASDA 01

1. Naissance de l’ASTI (Association de Soutien aux Travailleurs Immigrés)

En 1975, dans le milieu enseignant à Bourg en Bresse naît l’idée d’aider les migrants à apprendre et se perfectionner en langue française. Des personnes d’horizons différents créent l’ASTI : des enseignants laïcs, quelques protestants proches de la Cimade, et des catholiques membres d’associations pratiquant l’accueil des migrants.

À l’époque, il y avait peu de familles migrantes ; c’étaient plutôt des hommes seuls, d’origine turque ou maghrébine. C’était avant le rapprochement familial voté sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing.

2. La Marche des Beurs

À Bourg en Bresse, pour préparer le passage de la Marche des Beurs en 1983, l’ASTI a provoqué une réunion avec les partis politiques, les syndicats et des associations. Les organisateurs n’imaginaient pas que cet événement donnerait lieu à des rencontres durables. Plusieurs associations ont rejoint le mouvement et ont décidé de continuer à échanger sur la question des migrants. À l’époque, on parlait beaucoup du droit de vote des étrangers aux élections municipales (une promesse de Mitterrand en 1981 !), de reconnaître les étrangers dans la vie de la cité. Parmi les forces à la pointe du mouvement, on peut énumérer des organisations aussi diverses que la CFDT, la Ligue Communiste Révolutionnaire, l’Église Réformée, la Cimade et la Pastorale des Migrants dans l’Église Catholique.

En 1984 il y a eu l’accueil des cyclomoteurs, selon l’idée que la France doit se mélanger, comme le carburant des mobylettes !

3. Le Collectif pour l’Egalite des Droits et contre le Racisme

Dans le contexte des marches des années 1980, les organisations citées plus haut, rejointes par la Ligue des Droits de l’Homme et d’autres, créent le Collectif pour l’Égalité des Droits et contre le Racisme. Au départ, il est d’ailleurs plus question d’antiracisme que d’égalité des droits.

Après la chute du "Mur de Berlin" en 1989, et durant toute la décennie 90, avec l’éclatement du bloc de l’Est, l’effondrement de la Yougoslavie et de l’Albanie, les affrontements Arménie/Azerbaïdjan, la Tchétchénie, on commence à voir arriver des immigrés de l’Est de l’Europe. Les CADA (Centres d’Accueil de Demandeurs d’Asile) se vidaient et se remplissaient selon un rythme saisonnier. Mais, progressivement, les CADA ne se vidant plus à la fin de la procédure d’asile, les migrants sont mis à la rue et deviennent des sans-papiers. C’est alors qu’apparaissent les premiers squats à Bourg en Bresse. Les plus chanceux sont hébergés la nuit, rue de la Paix et mis dehors la journée. Le Collectif les aide à trouver une solution et manifeste devant la préfecture.

4. Le Comité de Vigilance à l’égard des Demandeurs d’Asile de l’Ain

En 2001, le Collectif pour l’Égalité des Droits et contre le Racisme se structure en une association, à la recherche d’une reconnaissance par la Préfecture et le Conseil Général, mais aussi pour agir auprès des migrants qui sont de plus en plus des familles destinées à rester en France. "Au début, on avait deux ou trois familles envoyées par le CADA de Miribel, familles congolaise, roumaine, albanaise. On a fini par obtenir des rendez-vous à la Préfecture mais personne ne voulait les loger ; ils étaient accueillis temporairement aux sous-sols de l’église Saint Pierre Chanel et aussi dans le Temple. C’était un choc d’avoir des personnes à la rue".

5. Création de l’ASDA 01 (Aide-Solidarité envers les Demandeurs d’Asile de l’Ain)

Avant l’implication des associations de bénévoles dans l’aide administrative et juridique aux demandeurs d’asile, le SSAE de l’Ain (Service Social d’Aide aux Émigrants) subventionné par l’État, aidait les personnes étrangères dans leurs démarches administratives. Ne pouvant plus assurer cette aide, les travailleurs sociaux du SSAE ont demandé aux bénévoles du Comité de Vigilance de prendre leur suite. C’est ainsi que naît l’ASDA 01 en 2005.

Texte issu d’un entretien avec Odile et Daniel GUICHARD

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